Monthly Archive for November, 2009

Blogosphère Vox Populi ou La Voix de son Maître?

Tous mes vœux pour l’aïd, bonheur santé et surtout citoyenneté affin que la blogo demeure une place de citoyenneté plutôt qu’un gramophone de la Voix de son Maître.

La musique de nos régions: Ali Saïdane(*) : au-delà du folklore, un mouvement du bas vers le haut et vice versa

Mon point de vue dans la presse sur la musique de nos régions
Comme le parler régional, il y a des musiques régionales qui expriment notre diversité culturelle. Est-ce que la vocation de cette musique, à terme, et dans le meilleur des cas, est de finir dans des musées sous forme d’enregistrements, ou y a-t-il moyen de redonner vie à leur génie particulier et, dans ce cas, quel serait l’enjeu d’une telle démarche ? Telle est la première question que nous avons posée ici à nos deux interlocuteurs. La seconde est la suivante :

Que répondre à ceux qui pourraient prétendre que cette musique n’est pas assez élaborée et que, à ce titre, elle ne mérite pas de faire l’objet d’un effort de conservation ou, encore moins, de valorisation ?
Enfin, une troisième question a sollicité nos deux interlocuteurs, MM. Ali Saïdane et Mourad Sakli, sur le rôle joué par la musique populaire à vocation commerciale, laquelle puise, ici ou là, dans le répertoire de cette musique régionale : est-ce qu’on peut y voir, finalement, quelque chose de positif?

1- En parlant de terroir et de parler régional, l’analogie paraît plausible et vraisemblable pour «justifier» ou «légitimer» le confinement des expressions musicales et poétiques traditionnelles dans un ghetto les assimilant à des expressions mineures.
La réalité est tout autre. En effet, l’état de rupture qui caractérise les rapports entre les élites « modernistes» et les expressions traditionnelles ont donné naissance à des appréciations « méprisantes» à l’égard de ce corpus qui couvre toutes les régions du pays, aussi bien rurales que citadines. Il ne s’agit pas là de l’opposition antagonique entre citadins beldis et ruraux bien que, consciemment ou inconsciemment, ce type de réaction remonte à la surface dans le jugement de certains.

Cette problématique, malheureusement, n’est pas nouvelle. Déjà, au début des années 30, lors de la participation de la délégation tunisienne au congrès du Caire, une véritable «bataille d’Hernani» avait opposé entre eux les partisans de cette délégation : partisans du malouf, comme représentants significatifs des expressions musicales tunisiennes, et leurs adversaires, qui ne reconnaissaient à cette forme musicale qu’une représentativité relative.
Il est aisé d’emprunter un concept tel que celui de «folklore» pour désigner ces expressions et, à partir de là, de les exclure de la représentation que l’on s’est construite de la musique tunisienne.
Le terme folklore est né dans des sociétés qui ont pu, des siècles durant, parvenir à l’homogénéisation de leurs expressions culturelles en général, et musicales en particulier, dans un mouvement du bas vers le haut et vice versa.
Ce processus n’est autre que l’homogénéisation sociale et nationale dans laquelle les expressions locales trouvent leur place, non pas en tant que folklore  exotique, mais plutôt en tant que composantes étudiées, codifiées, et enfin intégrées dans un corpus national et parfois extranational. Telles les polkas, les mazurkas, les valses, les javas et autres ballades dans le corpus européen.
Le folklore évolue ensuite dans sa signification : il est une expression de nostalgie de groupes sociaux, qui ne se sentent pas exclus de la culture nationale. Mais il correspond alors à une sorte de «musée vivant», car il est figé et codifié. Il n’est en aucun cas en compétition avec les expressions modernes que partage toute la communauté.
Pour notre cas, il y a en vérité deux mondes qui se côtoient et qui s’ignorent la plupart du temps : des expressions musicales «officielles» et consacrées par les médias, et des expressions qui sont ancrées socialement dans des «terroirs», et que partagent encore des gens aujourd’hui.
Les premières évoluent presque en rupture avec la société, mues par les mécanismes du show business, par les effets de modes et le mimétisme tant oriental qu’occidental, tandis que les autres perpétuent des mélodies et des rythmes ancestraux en y incorporant des innovations qui ne manquent pas de mimétisme, certes, mais qui ne compromettent pas l’âme de ces expressions.
Il est extrêmement ardu de prévoir le devenir de ces expressions. Qu’elles finissent dans des musées, enregistrées sur divers supports, est en soi une nécessité pour la mémoire. Toutefois, ce serait des documents «muets », car l’intérêt réside pour les chercheurs, les curieux des générations futures, dans le savoir lié à ces expressions, leurs appellations, leurs techniques, leurs origines : en un mot, tout le travail anthropologique mettant en évidence les relations qui régissent ces expressions avec les hommes et les femmes qui les pratiquaient.
C’est ce mouvement d’échange entre le «haut» et le «bas», dans un processus de connaissance, par nos musicologues, de leurs racines, de leurs «terroirs» et, surtout, de tous ces artistes traditionnels, à travers leurs parcours et leurs rapports avec leurs auditeurs.
La généralisation du terme «patrimoine populaire»  finit par induire en erreur. Nombreux sont ceux qui pensent qu’il s’agit d’un «héritage», ou d’un bien dont les propriétaires sont morts ! Alors qu’il s’agit bel et bien d’un art vivant, évoluant avec le temps, enregistrant des variantes et des nuances substantielles entre les interprètes d’une génération à une autre.
Je ne pense pas que ceci soit nouveau. Bien que l’effet des moyens de communication ait pris une grande ampleur, les influences externes demeurent quantitatives, en non qualitatives. Il n’en demeure pas moins que les effets pervers de la défiguration (…) ne sont pas à exclure, bien que l’appréciation de l’auditoire finisse par départager la bonne graine de l’ivraie.

2 -Je ne peux réellement m’attarder sur de telles affirmations, qui ne mettent en évidence que l’indigence  et l’ignorance de leurs auteurs.
Il ne peut y avoir au monde de musique spontanée et intuitive qui soit élaborée. L’acte d’élaboration est un acte abstrait et mental, alors que ces expressions sont intuitives, mais elles se réfèrent à un corpus mélodique bien « codifié», ayant des règles contraignantes acceptées par les gens qui les pratiquent, exactement comme les règles de la musique «savante» des modes tunisiens issus du malouf ou orientaux, qui sont, par ailleurs, aussi des expressions musicales intuitives et non élaborées, dans la signification abstraite de la musique occidentale.
En fait, ces expressions sont dans la nécessité d’être étudiées en tant que composantes du «Moi», avec respect et amour, pour qu’elles puissent reprendre leur véritable place dans le corpus musical national, non pas par fierté mal placée, mais par devoir à l’égard de «soi». Elles doivent être étudiées avec une grande modestie, avec l’approche et le regard de l’autochtone, et non de l’orientaliste.
Les chefs-d’œuvre  indémodables de la grande Saliha sont les témoins que ces expressions recèlent un fond d’une richesse inépuisable.

3 – Nous sommes dans un environnement, hélas, où l’écoute n’a plus de repères. L’éducation musicale, dont la responsabilité est partagée tant par la famille et l’école que par les médias, s’est dégradée dangereusement. L’oreille des jeunes et des moins jeunes est agressée à longueur de journée, partout. La banalisation d’un certain mauvais goût musical débouche sur des extrêmes, où il devient difficile de formuler des propositions de bon sens.
Donc, tout peut être positif comme tout peut être négatif, et cela en raison de l’absence de repères minimum que doivent donner et l’école, et la famille et les médias : repères indispensables pour se construire un système immunitaire.
Tout ce que peut produire la machine de diffusion musicale risque d’être négatif, aussi bien pour l’écoute que pour les expressions musicales «populaires».
La nature a horreur du vide. Il se trouve que les gens les mieux placés pour intervenir sur ce terrain, les musiciens diplômés des écoles supérieures, les créateurs, sont pris dans le tourbillon infernal du show business. Et les quelques créations se référant aux expressions populaires et traditionnelles  ne sont guère convaincantes ni sincères pour pouvoir constituer un change crédible aux productions de bas niveau.
A.S.
(*) Chercheur en expressions traditionnelles

Ce fût il y a 20 ans….

Il y a 20 ans, le mur de Berlin tombait. Berlin se prépare depuis des mois à commémorer avec faste cet évènement qui a changé le cours de l’histoire européenne et mondiale contemporaine…

Il y a 20 ans, la jeunesse chinoise écrivait à sa manière le printemps de Pékin….

Il y a 20 ans, la gauche tunisienne se rassemblait autour de l’appel des 150.

En 20 ans le monde donne l’impression d’avoir parcouru des années lumières…

En 20 ans une nouvelle jeunesse en Tunisie aspire à vivre son époque…

En 20 ans, en 30,40 ou même 100 ans seront-nous toujours condamnés à pédaler à côté du vélo et à faire du sur place?

حرية شعب / لفدوى طوقان: من اقتراحات فاطمة أرابيكا في مدونة مائة قصيد للحرية

حرية شعب / لفدوى طوقان

حريتى!

حريتى!

حريتى!

صوتٌ أُردده بملء فم الغضبِ

تحت الرصاص وفى اللهبِ

وأظل رغم القيد أعدو خلفها

وأظل رغم القيد أقفو خطوها

وأظلُ محمولاً على مدّ الغضب

وأنا أناضل داعيا ً/
حريتى!

حريتى!

حريتى!

ويردد النهر المقدس والجسور

حريتى!

والضفتان ترددان: حريتى!

ومعابر الريح الغضوب

والرعد والإعصار والأمطار فى وطنى

ترددها معى:

حريتى!
حريتى!
حريتى!

****

سأظل أحفر اسمها وأنا أناضل

فى الأرض فى الجدران فى الأبواب فى شُرف المنازل

فى هيكل العذراء فى المحراب فى طرق المزارع

فى كل مرتفعٍ ومنحدر ومنعطف وشارع

فى السجن.. فى زنزانة التعذيب.. فى عود المشانق

رغم السلاسل رغم نسف الدور رغم لظى الحرائق

سأظل أحفر اسمها حتى أراه

يمتد فى وطنى ويكبر

ويظل يكبر ويظل يكبر

حتى يغطى كل شبر فى ثراه

حتى أرى الحرية الحمراء تفتح كل باب

والليل يهرب والضياء يدُكُ أعمدة الضباب

حريتى!

حريتى!

ويردد النهر المقدس والجسور: حريتى!

والضفتان ترددان: حريتى!

ومعابر الريح الغضوب

والرعد والإعصار والأمطار فى وطنى

ترددها معى:

حريتى!
حريتى!حريتى!

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Fatma Arabicca: Une femme libre hors du commun, mais qui dérange

Une plume à part, des jours poétique, d’autres sarcastique, souvent dérangeante par “trop” de liberté aux yeux des machos, des fachos, des réglos, des normos, des refoulés, des ampoulés, des sacros saints enturbannés, des religieusement overdosés, des enguirlanleurs de guimauve, des marcheurs dans les troupeaux, des tambourineurs du monarque, des chercheurs de perles rares du genre “Fatma couche toi là”. Arabicca emmerdait tout ce beau monde, en plus elle n’a pas la langue dans la poche.

Certes me  dira-t-on que celà fait trop d’ennemis d’un seul coup! Et alors, est ce une raison pour se la boucler, pour marcher tête baissée en rang sans broncher? Fatma n’est pas du genre à négocier une soumission d’aucune sorte, ni de marchander dans son besoin de rire aux éclats de tous et de tout, c’est une nature à part que la vie à forgée durant des années.

Généreuse à perte de souffle capable de partager un grand festin aussi bien qu’un restant de plat de la veille mais avec de vrais amis des confidents ou des compagnons de peine.

Je crains que Fatma -une des figures de proue du blogging tunisien- ne soit en train de payer la facture d’une certaine liberté de ton et d’expression de la blogosphère tunisienne qui a résisté à toue les crises qui l’ont secoué particulièrement cette année. En effet et une succession assez bizarre de campagnes de déstabilisation de la blogosphère ont secoué la TN- blogs dont en fin de compte les visées n’étaient autres que le muselage de toute voix rebelle et politiquement incorrecte.

Le moment est venue -le 4/11 journée nationale de la liberté de blogging- d’affirmer haut et fort notre solidarité avec Arabicca et notre attachement à la liberté d’expression pour tous sans exclusive aucune, afin de préserver cet espace où tous nous y avons trouvé les raisons pour nous exprimer d’une manière citoyenne.

إلى عربية حرة ومساندة لها..

كـُنَّا اشتركنا ،آنا و أربيكا عند بداياتي في التدوين، في صياغة هذا النص بصورة مرتجلة و سريعة، أعيد نشره من باب أن أذكر بالخير الصديقة أربيكا اللتي هي في حاجة ملحة لمساندة كل الفضاء التدويني في هذه المحنة التي تمر بها بسسب نشاطها التدويني و ممارستها لحقها في التعبير بكل حرية..

الدنيا صايفة و الحصايد وفات، و ما قعد في الهنشير كان شوية القش و التبن . ساعة ساعة تهب نسمة تطلع البرارم تغزل في الهواء و يضل طالع الغبشة و التربَّة و القش، تبرم و تغزل و القش يدور يدور و في رمشة عين يترخف و يطيح كاينه عمره ما اتولد.
خزرت فاطمة من المضوى واتنهدت وقالت يا ربي سيدى وقتاش بركه اتصب المطر فديت من المن كلالي قلبي.
فاطمة من بكري تتسبل بالمن، شهوتها في المطر شهوة قديمة ، تعرفه هالوقت خايب، في كل عام و في هالفصل تحس بوجايع قي جاشها ، ترجع و تتسبل بالمن و ما يطفي الشي اللي يتكالى في جاشها كان رعديات عقاب أوسو
تتشهى يتطرف بيها عارض والا حتى عقاب سحاب في الجبل وقت اللي تبدى سارحة بالمعزات باش هكاكة تترنخ بالمطر وكى اتروح تنكت بالمي تبدأ شايخة وزرصة العقل باينة.
نضحكو على هبالها كي اتقوللنا راني اطرفت بالسحاب وما سيبته كان كى فرّغ جاشه الكل فيّ !!!
شيعت فاطمة بالنظر جهة المضوى و سرحت عينيها ما يرجعهم كان الطريق اللي دوباش يبان، و شيعت بالصوت و قرجومتها معروفة في هاك الردايد :
لبست جريدي عل كتف سيدي و نحايته بيدي بدق الخلالة….
اهـــــــــــاه آه لا من يجينا
فاطمة مللي صغيرة تحب المطر مسكونة بيها.. اتحبها حنينة فايضة هايجة ساكته هايضه بكلها تخليها تحس انها مرى
فاطمة كى الناس تأرّخ بالليل والنهار والصيف والخريف هي تأرّخ بسحاب المطر وآخر مرة اترنخت فيها
سرحت بعيناها لهاك الثنية هاك الثنيّة قداش هزت ناس ما اتلفتتش وراها

و في كل مرة يمشي حد تمشي لقشة من ذاتها تحسها تتملص ملصان تتفك فكَّان، ترجعلها شهوة المطر تقفقفها ، و قعدت تراعي زعمة يتلفتشي كيف
يسمع صوتها صادي ؟ تمكنوش رعشة تهز جواجيه تخلِّيه يرخف مشيته يتدعثر يتلخبط و يوقف زعمة أربي يا حنيني زعمة
فمة كان الحجر وغبار الثنية ما يتلفت حد لتالي كان فاطمة ماضيها الكل قدامها اتراه من هاك المضوى ماشي يتسرسب من بين يديها كى حفنة الرمل
على الطريق المحجر موش بعيد على حاشية الواد، خيال دوبة ما يبان، رزمة على ظهره ينوس نوسان تحت سامور القايلة خلطله صوت مهوى” لا من يجينا” تربث و ادعثرت خطاويه لقف روحه لقفان باش ما يرجعش لتالي و زاد في مشيته كاينه سمع جنية و الا حس برهبان.
ادعثرت خطاويه مره أخرى من الزربة وسمع صوت قلبه يردك رديك وصدره يلهث لهثان
وآش بيك آ حمه خايف يعن بو الرجوليّة بعدك! اتكبس آ كازى ما فمة ما يخوّف
يحكي بصوت عالي يونّس في روحه باش ما يسرحشي بتخمام مريض على حكايات العبابث والغوله اللي تطلع في القوايل
الدنيا خلا و لا ساير يسير و لا طاير ايطير، فرق ذبان داير بيه يونون تونوين و هو ينش مرة يمين و مرة يسار يخالي لروحه و دريز افاده زادله تبهذيلة على تبهذيلة. و لا عاد مفرز من الي في جاشه من خوف و لا اللي واصله من ألصوت و صدى السطارة اللي ترجع فيه. و فاطمة بالصوت تولول آآآآآي نجعك رســـّــــــى على سوايح قفصة

نص أزواو

نص أرابيكا

زلفان زلفان يا عز الاوطان….ه

ليَّام غريب هواها متقلبة انقلاب

والفلك موزون صحيح معتدل

والذَّات تبوّج من وراء الشهاب

تنشد على

أمواج في قبة الصنيت

تنشد على

طلال رجفة وليفة

تنشد على

تعديل استوى وتم.

***

دوباش ما يبان و يتوق توقان،

مدسوس دسَّان

كلامك يخثل وينساب سيبان

واصباعك من غزل صوف الآبكار

تسدِّيني نسجان

بطُعمة من رقم الآخمار والصبغ يُعكار

و جدَّادْ من نير ومن نار

على اكتاف الشارد تهافى عجار

***

تخوفيق الآوتار

من شد كبس معصار

ودق مسمار

ناحت الكورا بالضَّج ما صار

تمزق الصمت في جوف الأوعار

“بين الوديان والدَّم قطَّار”

تملى بالحن ضلف الصبَّار

زلفان يا عز الأوطان

ودفءالأوكار

فرق مقنينك وين صرفق وطار

***

مصبوغ حناني وخيل

ومطلي قرمز بالكشنيل

والوشمة زرقة زمرد النيل

تاقت عقب الليل

صطنيك من طين صقيل

من يديك طفى جمار طمي طويل

لحسنة من توجان عتيل

تحت عتقة عنَّاب زناتية متظللة تظليل

***

يا فجر سماوي

لدنيا جديدة

احمي حب الزهر النادر

لا تضيع النواورية

في يم حزن العشَّاق